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12/10/2010

A propos de l'enquête pénale sur l'assassinat de Natalia Estemirova

natalia_estemirova_233_350.gifCENTRE DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME « Memorial »

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Le 8 juillet 2010 au Centre de Presse Indépendant s'est déroulée une conférence de presse consacrée à l'« Enquête pénale sur l'assassinat de Natalia Estemirova et aux problèmes de l'instruction ».

 

Ont participé à cette conférence de presse:

Oleg Orlov, président du Conseil du Centre de Défense des Droits de l'Homme Memorial

Svetlana Gannushkina, membre du Conseil du Centre de Défense des Droits de l'Homme Memorial, présidente du Comité Assistance civile, membre du Conseil auprès du Président de la Fédération de Russie pour l'aide au développement des instituts de la société civile et l'aide aux droits de l'homme.

Alexandre Tcherkassov, membre du Conseil du Centre de Défense des droits de l'homme Memorial

Tatiana Lokshina, investigatrice à Human Rights Watch pour la Russie.

Roman Karpinsky, avocat, conseil des victimes.

Le 15 juillet 2010 marque le premier anniversaire de l'enlèvement et de l'assassinat de Natalia Estemirova. L'enquête pour le dossier pénal de l'assassinat de Natalia se poursuit depuis plus d'un an. Ces derniers mois, des informations sur l'avancée de l'instruction arrivent petit à petit en provenance de diverses sources.

Alexandre Tcherkassov a commencé par expliquer les raisons qui obligent les participants à s'exprimer lors de cette conférence de presse:

« Il est devenu évident que ces derniers mois l'instruction a arrêté une seule version: Natalia Estemirova a été tuée par des combattants pour des raisons d'inimitié personnelle et dans le but de compromettre les dirigeants de la République tchétchène. Le rôle du tueur a été distribué à un combattant, qui a bien sûr déjà été tué lui-même. Ce qui, premièrement, permettra de considérer   l'affaire comme dévoilée. Deuxièmement, on n'aura plus besoin de l'amener devant les tribunaux où le tueur présumé aurait pu émettre des objections. Troisièmement, tous les soupçons d'implication des représentants du gouvernement dans ce crime pourront être rejetés.

Les autres versions, qui sont avant tout liées aux affaires dont s'occupait Natalia, à savoir les  enlèvements, les condamnations sans jugement, les incendies de maisons par les représentants des forces de l'ordre de la République tchtchène, restent inexplorées ».

Svetlana Gannushkina: « Les premiers mois ont donné la nette impression que l'instruction voulait éclaircir ce crime ». L'instruction a commencé par l'interrogatoire des collaborateurs de Memorial. Les premiers interrogatoires concernaient le travail de Natalia Estemerova elle-même, les affaires qu'elle traitait les derniers jours de son existence (enlèvements, condamnations publiques). On a fait  des portraits robots de deux femmes témoins de l'enlèvement, mais aucune n'a été ni retrouvée, ni interrogée.

Cependant, au printemps 2010, les questions des membres de la commission d'enquête se sont concentrées exclusivement sur les publications de Memorial relatives aux combattants. Conjointement, en privé, les membres de cette commission d'enquête doutaient que la direction que prenait l'enquête pourrait conduire aux réels assassins de Natalia. En même temps, l'avocat qui représentait les intérêts de la victime (la soeur de Natalia Estemirova), a rencontré des obstacles incompréhensibles pour accéder au dossier.

Fin avril, nous avons reçu un document daté du 31 mars qui nous a appris le nom de la personne que l'enquête désignait déjà comme l'accusé. C'était un membre des formations armées illicites, Alkhazur Bashaev. Selon la version de l'enquête, Bashaev avait une aversion personnelle pour Natalia Estemirova à cause de ses publications et en même temps, par son assassinat, il désirait compromettre les dirigeants de la République tchétchène. Le 13 novembre 2009, Bashaev a été tué lors d'une opération spéciale.

Comme l'a appris Svetlana Gannushina, la principale preuve accusant Bashaev fut la cachette découverte par les forces de l'ordre et présentée à l'enquête, et où fut trouvé le pistolet avec lequel Natalia Estemirova a été tuée, ainsi qu'une contrefaçon d'attestation d'emploi du Ministère de l'Intérieur avec la photo de Bashaev. « Il ne manquait plus qu'un aveu sincère de reconnaissance du crime écrit d'avance et que le combattant aurait conservé dans cette cache » ajouta Svetlana Gannushkina.

Ainsi, « l'enquête a suivi un cours qui arrangeait quelqu'un et s'avéra très commode »

Tatiana Lokchina: « la société de défense des droits de l'homme exige une enquête transparente, complète et objective de cette affaire ». L'absence d'efficacité de l'enquête oblige les défenseurs des droits de l'homme à poser au pouvoir russe la question suivante: « Aujourd'hui, un an après cet assassinat, <...>, qu'est-ce qui a été fait? Et qu'a-t-on fait pour pouvoir rejeter la version sur l'éventuelle participation des dirigeants de la république tchétchène et des forces de l'ordre à l'assassinat de notre collègue Natalia Estemirova? » Elle s'était penchée sur l'affaire de la condamnation publique sans jugement de Rizvan Albekov dans le village tchétchène d'Akhkintchu-Borza, le 7 juillet 2009.

http://www.memo.ru/hr/hotpoints/caucas1/msg/2009/07/m1666...

http://www.memo.ru/2009/07/21/2107092.htm)

Le 9 juillet, Natalia Estemirova communiquait ce cas au site « Le Noeud caucasien ». Dans ce message, elle était indiquée comme source d'information http://www.kavkaz-uzel.ru/articles/156399

Ce message provoqua l'indignation des dirigeants de la République tchétchène. Pour autant que l'on sache, cette affaire n'a jamais fait l'objet d'une enquête. « Qu'a fait l'équipe chargée de l'enquête sur l'assassinat de Natalia Estemerova, pour vérifier la version impliquant la participation des assassins de Rizvan Albekov à l'assassinat de Natalia Estemerova? », a interrogé Tatiana Lokshina.

Alexandr Tcherkassov a fait remarquer que pour démontrer la culpabilité de quelqu'un, il fallait obligatoirement, non seulement mettre des preuves en évidence, non seulement prouver la possibilité que le crime ait pu être commis par cette personne, mais encore expliquer ses motifs.

Les « fuites d'information » en provenance d'une équipe d'enquêteurs expliquent le motif éventuel d'Alkhazur Bashaev du village de Shalazhi: au printemps 2009, Natalia Estemirova aurait fait part de ses faits et gestes, ce qui aurait provoqué chez lui une inimitié personnelle. Mais nous nous posons une question: comment le combattant aurait pu savoir que Natalia avait écrit sur lui? Ou lui ou quelqu'un d'autre aurait vu Natalia dans le village de Shalazhi. Ou lui ou quelqu'un d'autre aurait ensuite entendu dire que Natalia en avait parlé et avait lu ce qu'elle en avait écrit.

Effectivement, l'enquête a découvert dans l'ordinateur de Natalia des messages provenant de la « Chronique de la violence». L'un d'eux concernait les événements de Shalazhi et Bashaev. Cependant, comment cette information lui est-elle parvenue?

« Après les interrogatoires des collaborateurs de Memorial, j'ai réussi à comprendre. J'ai dû pour cela parler avec ces mêmes membres de Memorial  que nous avions été obligés d'évacuer de Tchétchénie après l'assassinat de Natalia, puis de Russie-même » précisa Tcherkassov. « L'information du village de Shalazhi est parvenue au bureau de Grozny par des relations de l'un des membres de Memorial et par des parents d'un autre de nos collaborateurs. Natalia n'avait aucun rapport avec cela ». Il n'y avait aucune raison pour elle de se rendre à Shalazhi, elle n'y est donc pas allée. 

En avril-mai 2009, des défenseurs des droits de l'homme, collègues de Natalia Estemirova venus de Moscou et de St-Pétersbourg, ont, comme à leur habitude, logé chez elle. Eux non plus n'ont entendu aucun récit de la bouche de Natalia sur un prétendu déplacement à Shalazhi, alors même qu'elle ne leur cachait rien de son travail.

Comment ces messages sont parvenus sur l'ordinateur de Natalia Estremirova? De façon très simple: en plus de tout le reste, elle remplissait les fonctions de rédacteur, rassemblant les informations des différents collaborateurs.

Mais, peut-être a-t-elle imprimé sa marque à cette information à tel point que l'on pouvait lui en attribuer la paternité. Non, par la suite, ces messages à Moscou étaient réunis en une unique « Chronique de la violence » où aucun des différents messages n'étaient estampillés. Cette « Chronique » trouvait ensuite sa place sur le site de Memorial pour être diffusée aux journalistes.

Natalia n'a donné aucune interview ni n'a écrit aucun article sur Bashaev.

On ne comprend donc pas comment Alkhazur Bashaev aurait pu ressentir de l'animosité pour Natalia Estemirova et le motiver à perpétrer ce crime.

De plus, les enquêteurs qui ont étudié le contenu du disque dur de son ordinateur, ne pouvaient pas connaître tous ces détails...

Selon Oleg Orlov, aucun des dossiers dont s'occupait Natalia Estemirova en 2009 n'a été instruit par le gouvernement. « Entre autre, je reste persuadé qu'il est impossible de parler sérieusement de rejeter des versions, tant que l'on a pas enquêté en détail sur ces affaires, ni  recherché les personnes coupables de crimes et sur lesquelles a écrit Natalia » dit Orlov.

On révèle des affaires pénales, mais les enquêtes les escamotent.

Un exemple frappant en est l'enquête sur l'enlèvement d'Apti Zaïnalov. Orlov s'est arrêté en détail sur cette affaire (http://www.memo.ru/2010/06/18/1806103.htm#_Toc264640914). Natalia Estemirova a réussi à mettre au jour cette affaire pénale. Cependant, au cours des instructions, les agents commettent des fraudes, mentent et enfreignent le code de procédure pénal. Le sort de la personne enlevée reste finalement inconnu, le cercle des personnes qui ont participé à la réalisation du crime n'est pas recherché, bien qu'il soit évident pour tout le monde qu'il s'agisse d'agents des forces de l'ordre de la République Tchétchène. 

Orlov a attiré l'attention sur les menaces qui se propagent aujourd'hui à l'adresse des défenseurs des droits de l'homme, entre autre sur les collaborateurs de Memorial en Tchétchénie: « Le 3 juillet dans une interview pour la chaîne de télévision « Grozny », Ramzan Kadyrov a qualifié les personnes qui collaborent à Memorial  d'ennemis du peuple, d'ennemis des lois, d'ennemis du gouvernement.

Cf. http://www.memo.ru/2010/07/08/0807101.htm 

Dans la Tchétchénie d'aujourd'hui, cette déclaration publique du président de la République tchétchène est une menace claire et directe. Les fonctionnaires et agents des forces de maintien de l'ordre de la République vont prendre les déclarations de Ramzan Kadyrov comme des instructions à agir contre Memorial et ses collaborateurs. Certains, parmi eux, peuvent prendre les paroles de leur chef comme une mise hors-la-loi des membres de Memorial avec toutes les conséquences qui en découlent.

Dans la première moitié de 2009, des fonctionnaires de la République de Tchétchénie ont déversé de manière croissante des invectives publiques sur les défenseurs des droits de l'homme, entre autre sur les membres de Memorial. Et le 15 juin 2009, Natalia Estemirova était tuée.

« Un an a passé. Nous observons la même chose. La déclaration publique d' « ennemi du peuple, d'ennemi des lois, d'ennemis du gouvernement » peut conduire à de nouvelles tragédies ».  

A ce propos, Oleg Orlov s'est adressé aux dirigeants de Russie et de l'étranger, à l'opinion publique russe et étrangère pour leur demander de  "faire tout leur possible pour prévenir l'évolution vers un scénario analogue, d'une situation entourant nos collègues en Tchétchénie".

19/07/2010

A propos de la campagne de dénigrement contre Vladimir Loukine

vladimir-lukin-source-politrussiaru.jpgLa campagne de propagande, qui s’est développée, ces dernières semaines, contre Vladimir Loukine, Délégué aux droits de l’homme, rappelle complètement des mesures similaires de l’époque soviétique – à la seule exception que cette campagne n’émane apparemment pas des plus hauts dirigeants politiques du pays. Elle ressemble plutôt à une intrigue d’appareil, imaginée dans les bureaux des dirigeants de « second ordre ».

Comme à l’époque soviétique, cette campagne se fait passer pour « la voix de l’opinion publique ». Des organisations sociales de province ont prétendu en être à l’initiative, et, parmi elles, se trouvaient des associations de vétérans et des Chambres civiques régionales.

Comme à l’époque soviétique, la synchronisation de ces déclarations - elles ont commencé, au même moment, dans diverses régions du pays - ne laisse aucun doute sur le fait que cette campagne n’est pas spontanée, mais organisée.

Il n’est pas difficile de comprendre la raison de cette campagne : le Délégué aux droits de l’homme a publiquement critiqué ce qu’a fait la police, le 31 mai, lorsque celle-ci a dispersé le meeting d’opposition qui se tenait sur la place Triumfalnaia à Moscou.

Vladimir Loukine s’est permis de critiquer les actions commises par les collaborateurs des « ministères à épaulettes »[1], « dans l’exercice de leurs fonctions ». Il semblerait que quelques apparatchiks du Kremlin ont estimé qu’il s’agissait là d’une violation de l’ « éthique corporative » (que peut et ne peut pas se permettre un fonctionnaire d’Etat de son rang). Et un appel a été lancé au Président, pour que celui-ci « (examine) si V. Loukine correspond à la fonction qu’il occupe ». Cet appel est absolument contraire à la loi, mais n’est pas une simple erreur. Cette formule témoigne de la façon dont les différentes branches du pouvoir comprennent leurs relations réciproques.

Les opposants de M. Loukine n’acceptent pas le concept même d’ « ombudsman[2] », qui est inscrit dans la Constitution de la Fédération de Russie et développé dans la « Loi sur le Délégué aux droits de l’homme dans la Fédération de Russie ». Ils veulent absolument concevoir la fonction d’« ombudsman », non comme un mécanisme contemporain d’auto-limitation du pouvoir de l’Etat pour le bien de la liberté publique, mais comme un énième ministère « des droits de l’homme » ou, en d’autres mots, comme une façon, parmi d’autres, de feindre la démocratie.

Le fait qu’ils ont choisi des méthodes de lutte ouvertement soviétiques, avec l’appui d’une prétendue « opinion publique », n’est absolument pas un hasard. Ils n’ont pas compris qu’au cours des vingt dernières années, le pays a changé. L’existence institutionnelle d’un Délégué aux droits de l’homme est l’un des témoignagnes évidents de ces changements.

Et un autre témoignage de ces changements est, de façon tout aussi claire, le fait que quelques « ombudsmans » régionaux n’ont pas eu peur de réfuter les déclarations contre Loukine, qui leur étaient attribuées. Cela montre aussi qu’aujourd’hui, les fonctionnaires ne peuvent plus supprimer complètement les fruits de l’évolution démocratique des vingt dernières années.

Nous apprécions grandement la position indépendante du Délégué aux droits de l’homme, ainsi que les résultats de son action, et nous souhaitons à Vladimir Pétrovitch Loukine de réussir dans son travail, à ce poste et dans le futur.

La direction de l’Association Mémorial

 

13 juillet 2010



[1] Note de la traductrice : ici, ce terme désigne essentiellement les OMON (la version russe des CRS), mais pas seulement ; il inclut aussi les policiers, les collaborateurs du FSB.

[2] Note de la traductrice : ce terme désigne, dans différents pays dont la Russie, le responsable des droits de l’homme.

13:15 Publié dans Appels et communiqués | Lien permanent

15/03/2010

A propos des portraits de Staline et du 65e anniversaire de la Victoire

logo_alt.jpgLa Fondation MEMORIAL a très largement diffusé le 3 mars 2010 le communiqué suivant, que l'AAMF a traduit en français :


Les employés de la Mairie de Moscou ont déclaré qu’ils avaient l’intention d’afficher des portraits de Staline, dans Moscou, à l’occasion du 65e anniversaire de la Victoire contre les Nazis.

Comme toujours, on ignore par qui et à quel niveau cette décision a été prise, mais il est clair que ces portraits vont être fabriqués avec l’argent des contribuables, et en particulier de ceux qui ont eu des membres de leurs familles exterminés par la faute du dictateur.

Mais le problème, ce n’est pas l’argent, ni le fait qu’une partie des personnes, invitées aux cérémonies, ne voudront probablement pas venir dans une ville décorée de façon aussi douteuse.

Afficher des portraits de Staline pour le Jour de la Victoire offense la mémoire de ceux qui sont tombés pour cette victoire.

Les soldats soviétiques sont allés au combat, non pas parce que leur chef le leur avait ordonné, ni pour défendre le bureau politique et son secrétaire général au Kremlin. Ils défendaient leur patrie contre une invasion étrangère, ils défendaient leur pays que les dirigeants communistes avaient placé au bord de la catastrophe.

L’endurance, le courage et les exploits des hommes qui ont défendu la Patrie pendant la guerre étaient et demeurent l’héritage du peuple dans sa totalité, et personne n’a le droit de disposer de cet héritage à sa guise. Essayer d’imputer cet héritage à Staline, c’est du vol et un blasphème.

L’intention de disposer des portraits de Staline sur les lieux où se regroupaient les divisions des volontaires populaires est encore plus blasphématoire. Ces divisions étaient composées de civils, presque toujours sans armes, abandonnés sans merci comme de la chair à canon autour de Moscou, Kiev et Leningrad, et presque tous tués. Leur histoire représente, à elle seule, un acte d’accusation contre « le plus grand chef de tous les temps et de tous les peuples ». Il n’est quand même pas possible que les apologètes de Staline, à la Mairie de Moscou, croient vraiment que les Moscovites ne se souviennent plus de la façon dont ont péri leurs pères et leurs grands-pères ?

Le nom de Staline orne déjà les voûtes de la station de métro « Kourskaïa », par les soins des employés de la Mairie de Moscou. Aucun de ceux-ci ne s’est souvenu, bien sûr, de Petrikovski, le premier chef du métro, sanctionné par Staline et fusillé, ni des centaines de constructeurs du métro, exécutés ou envoyés dans des camps.

Cette histoire des portraits poursuit la réhabilitation rampante du stalinisme.

Les chargés de communication n’ont pas l’intention de se souvenir de ce qu’a vraiment été l’œuvre de Staline : en 1937-1938, la terreur de masse dans l’armée a exterminé des dizaines de milliers de militaires, depuis les simples soldats jusqu’aux maréchaux ; l’alliance avec Hitler, avant la guerre, a eu pour conséquence directe la tragédie de l’été et de l’automne 1941 ; pendant la guerre, le peuple a payé, par des millions de vies, les crimes et les erreurs du chef.

Le peuple a gagné la guerre, malgré tous les crimes de Staline.

Cette victoire a été obtenue à un prix monstrueux, dont le montant n’a pas encore été calculé complètement.

Les cérémonies du Jour de la Victoire ont pour sens principal d’exprimer notre reconnaissance à tous ceux qui ont vraiment lutté pour cette victoire. Hélas, il n’en reste plus que très peu. Ce sont eux, et eux seulement, qui doivent être au centre de l’attention, ce jour-là.

Si des portraits de Staline apparaissent vraiment dans les rues de Moscou, nous allons faire tout notre possible pour qu’apparaissent aussi d’autres affiches, panneaux et posters, qui racontent les crimes du tyran et sa véritable place dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes convaincus que des centaines de Moscovites - les enfants et les petits-enfants des combattants, de ceux auxquels la Victoire appartient vraiment – nous aideront.

Association internationale Memorial

Association Memorial Moscou

2 mars 2010

19:00 Publié dans Appels et communiqués | Lien permanent